La Médaille de Reconnaissance Professionnelle Psychologues de France est décernée à

 

Francine Shapiro, psychologue américaine, a inventé la thérapie EMDR (Eye Movement Desensitization and Reprocessing) en 1987.

Elle a su utiliser le phénomène naturel des mouvements oculaires durant le sommeil paradoxal afin de créer un protocole psychothérapeutique rigoureux qui permet une analyse scientifique d’étude et de validation, et dont l’efficacité a été démontrée dans le cadre des manifestations de stress post-traumatique (victimes d’accident, d’agression…). Cette œuvre relance l’intérêt pour l’étude des états de conscience modifiés (hypnose…), mais il reste encore beaucoup de travail pour développer des techniques utilisables en toute autonomie par le patient/client, et ainsi faire en sorte de réduire la possible influence du thérapeute et la tendance à la dépendance/soumission du bénéficiaire. Car développer l’autonomie est l’objectif principal des psychologues.

Shapiro, F., Eye Movement Desensitization and Reprocessing: Basic Principles, Protocols, and Procedures. Guildford Press 2001

 

Marshall Rosenberg, psychologue américain né en 1934. Il a créé un processus de communication appelé “Communication non violente” (CNV) dans le but de réduire et résoudre les conflits à l’échelle individuelle ou collective.

Un ensemble d’exercices permet notamment:

-d’identifier les besoins fondamentaux qui sont à la source du conflit

-de communiquer de manière positive ces besoins afin de sortir de l’agressivité ou d’éviter un conflit.

-d’expérimenter une qualité d’écoute qui permet la reconnaissance (et sa sensation) du vécu d’autrui

-de développer un respect de soi-même et des autres.

Il a fondé un réseau de formation à la CNV pour tout public, et participe à des missions de médiation dans de nombreux pays.

Rosenberg, M. B., Les mots sont des fenêtres (ou bien ce sont des murs) - Introduction à la Communication Non Violente, édition La Découverte. Titre original: NonViolent Communication, A Language of Life, 1999.  

 

Emmy Werner, psychologue américaine, a mis pour la première fois en évidence le phénomène de Résilience au cours d’une étude longitudinale portant sur 698 enfants confrontés à un environnement très difficile (pauvreté, violence, psychopathologie parentale…) . Cette recherche, qui débuta en 1955 et dura 32 ans, a montré qu’une partie de ces enfants (plus d’un tiers) avaient non seulement un développement normal malgré les difficultés rencontrées, mais encore démontraient des capacités à rebondir, et cela sans soutien particulier.

L’objectif de cette étude n’est pas de minimiser les facteurs de risques et la douleur vécue (comme peuvent le faire penser les ouvrages de cet éthologue à la mode qui s’est tout récemment approprié ce concept). Mais de découvrir plusieurs éléments qui permettent au psychologue de proposer une prise en charge adéquate :

-un même événement n’est pas vécu de la même façon par tous

-face à un problème chaque personne va utiliser ses ressources personnelles pour le résoudre à sa façon

-le travail d’Emmy Werner a en outre apporté des indications précieuses sur les conditions de la résilience, et notamment l’importance de l’estime de soi et le sentiment de pouvoir agir sur la réalité.

Ainsi, les structures éducatives ne doivent pas considérer un enfant en difficulté comme un futur délinquant (on pense notamment aux études sur l’ « auto-réalisation des prophéties »). En outre, différents outils d’accompagnement psychologique permettent de renforcer les ressources personnelles (valorisation des compétences, soutien des projets…).

Des psychanalystes ont décrit la personne résiliente comme un « monstre en sommeil » et parlent de « refoulement dangereux ». Ce point de vue qui ne porte sur aucune étude sérieuse (toujours cette manie de généraliser à tous ce que l’on observe dans un cadre individuel et pathologique) et l’exagération de la formulation est sans doute le pendant du fond de commerce que constitue le traumatisme pour les psychanalystes. A tel point que certaines personnes croient qu’elles doivent forcément aller mal après tel événement, et qu’être normal c’est aller bien toute sa vie !!!

Les psychologues, eux, ne déifient pas les concepts, ceux-ci sont des outils de travail pour améliorer leurs connaissances et leurs pratiques. Il ne s’agit pas d’être pour ou contre, leur attitude est résolument à l’inverse de ces psychothérapeutes, psychiatres et psychanalystes qui n’en finissent pas de s’écharper à coup d’articles de journaux et de quantités de romans nerveux défendant un point de vue dogmatique à ce sujet ou à un autre (comme le cognitivisme, l’EMDR… ). Ces gens là ont-ils vraiment le temps de travailler et de réfléchir ?

La résilience n’est ni  une maladie, ni un style de vie à la mode. C’est un phénomène naturel qui apporte le bien-être, dont le processus a été étudié (et continue à l’être), et ces recherches permettent de mieux répondre aux besoins des personnes en difficultés.

Werner, E.E., Smith R., Vulnerable but Invincible: a longitudinal study of resilient children and youth,  New York: Mac Graw Hill, 1982.

 

Joseph Carl Robnett Licklider (né le 11 mars 1915 - décédé le 26 juin 1990), psychologue américain (Master obtenu en 1938 à l’université Washington à Saint-Louis), il a dirigé de nombreuses recherches sur la communication et les technologies de l’information, notamment au MIT (Massachusetts Institute of Technology) qui débouchèrent sur un certain nombre d’innovations (le système qui préfigurera Unix et la souris informatique pour ne citer que deux exemples). On retient surtout de lui des textes visionnaires publiés en 1960 et 1962, notamment « Man-Computer Symbiosis » considéré comme pionnier à la fois des réseaux informatiques et de la théorie Cybernétique. Nombreux sont les scientifiques qui pensent qu’Internet ne serait pas ce qu’il est aujourd’hui sans le travail exceptionnel de Joseph Carl Robnett Licklider.