Ces propositions visent le respect de la loi de protection du titre de psychologue et l’amélioration de l’accès des usagers aux psychologues.

 

1) Réserver les métiers de la relation d’aide psychologique aux psychologues.

En effet, de nombreuses associations proposent du soutien psychologique grâce à des bénévoles auto-formés en quelques heures. Il faut savoir que le bénévolat est encadré juridiquement lui-aussi : c’est une aide en dehors de ses compétences professionnelles et réduite à quelques heures par semaine. Si vous exercez un véritable métier, une rémunération est exigible. Les difficultés financières des associations étaient à l’origine de ce phénomène, mais le développement actuel du mécénat devrait permettre de professionnaliser ce secteur. Il convient de rester méfiant sur les aides gratuites qui sont souvent la porte d’entrée des sectes car n’importe qui peut créer une association. On le voit notamment avec la multiplication ahurissante d’écoles privées en psychothérapie et développement personnel qui ne font l’objet d’aucune validation nationale.

Pendant longtemps le cerveau a été considéré comme le siège d’une divinité et la propriété du clergé. La conscience individuelle et le libre arbitre sont récents. Reconnaître l’intégrité psychique et la protéger c’est accepter la valeur financière des compétences du psychologue. La rémunération doit prendre en compte le travail personnel du psychologue (réflexion sur les problèmes qui lui sont confiés, formations complémentaires). Les questions de psychologie sont complexes (interactions biologique, psychologique et social) et méritent de vrais professionnels : le seul spécialiste en psychologie, c’est le psychologue.

 

2) Réserver les métiers de l’évaluation psychologique aux psychologues :

Par exemple il serait très utile de rendre les agréments nominatifs pour les bilans de compétences. Actuellement, les OPCA (organismes collecteurs des fonds de formation continue) accréditent des structures (centres de bilans de compétences) si l’équipe comporte au moins un psychologue. Cela signifie concrètement que lorsqu’un salarié passe des tests, il est évalué le plus souvent par quelqu’un qui n’est pas formé à la psychométrie.

Une accréditation nominative (accréditer des personnes plutôt que des structures, de plus le groupe dilue la responsabilité) permettrait au bénéficiaire du bilan de savoir à qui il a à faire de choisir en toute connaissance de cause.

 

3) Que le titre de psychologue soit mentionné sur la liste officielle des IPRP (Intervenant en Prévention des Risques Professionnels) agréés, établie par les Caisses Régionales d’Assurance Maladie.

Ceci afin que les problèmes liés au stress, et à toute forme de mal-être psychologique soient traités par de véritables spécialistes en psychologie.

Cela freinerait le développement de pratiques infondées et choquantes comme l’infantilisation des salariés par l’organisation de siestes collectives supposées réduire la fatigue ! Pire encore, la recherche de traumatismes infantiles chez les victimes de violence au travail !

Tout salarié devrait pouvoir faire appel à un expert de son choix, et extérieur à l’entreprise.

 

4) Que le titre de psychothérapeute soit réservé aux psychologues (experts de l’activité mentale et de son expression ainsi que des conditions de celles-ci) et aux psychiatres (spécialistes des traitements médicamenteux pour les pathologies mentales : psychothérapie chimique).

La psychothérapie n’est pas un métier ou un titre mais une prestation qui nécessite un haut niveau de qualification et pas simplement la pratique de telle ou telle technique (ou de tel ou tel médicament).

En matière d’accompagnement psychologique, deux titres sont reconnus par l’Etat français et validés par une formation scientifique : psychologue et psychiatre. N’acceptons pas la légalisation de ceux qui font depuis longtemps commerce d’un exercice illégal de la psychologie, à savoir les psychanalystes, psychothérapeutes et autres chamans de l’âme !

Voir le point n°9 pour plus d’information sur ce sujet.

 

5) Que les outils d’évaluation psychologique soient toujours évalués par des psychologues.

De nombreuses entreprises et institutions inventent des outils d’évaluation psychologique qui ne répondent aucunement aux critères de validité scientifique des tests psychologiques. Si ces pratiques reconnaissent l’importance des facteurs psychologiques dans les comportements individuels et collectifs, elles sont dangereuses et abusives dans le sens où elles sont créées et utilisées par des personnes qui ne possèdent pas les compétences du psychologue.

D’autre part, la manière d’administrer un test est autant importante que les qualités psychométriques de l’outil d’évaluation concerné. Seul le psychologue vous garantit une analyse rigoureuse (tel test pour telle question dans tel contexte) dans le respect de l’éthique (présentation, consentement éclairé, explication, transmission des résultats directement à la personne évaluée).

 

6) Que les techniques invalidées scientifiquement ne soient plus utilisées à des fins d’analyse psychologique :

Dans les pays anglo-saxons, la graphologie est interdite car de nombreuses études scientifiques ont démontré son inefficacité. Malgré cela, cet outil reste très utilisé en France car il est peu coûteux et très rapide (évidemment !). De plus, un label qualité dans le domaine du recrutement a intégré cet outil dans les méthodes « validées ». C’est honteux et cela met en évidence la multiplication de labels douteux et autres certifications bidons, et l’importance que le lobbying a pris ces dernières années.

Il faut savoir que les tests de personnalité ont une capacité prédictive faible par rapport aux tests d’efficience (verbale, numérique…). Les tests projectifs ont les plus mauvais résultats. Et d’une manière générale garantir un type de comportement au delà de deux ans après l’évaluation est impossible: un être humain évolue tout au long de sa vie, sans compter l’impact de certains évènements de vie. Une évaluation psychologique sérieuse ne se résume pas à un étiquetage. Un test est un outil parmi d’autres, et la multiplicité autant que la qualité des outils rapproche de l’objectivité. Méfiez-vous donc de telle ou telle nouvelle méthode censée définir avec précision qui vous êtes.

L’analyse du contexte de l’évaluation et la manière de restituer les résultats font la richesse de l’intervention du psychologue.

Le test du QI est fortement corrélé à la réussite scolaire, ce qui a amené les psychologues à créer des outils d’évaluation « Culture-free », c’est à dire moins soumis à l’influence culturelle, les Matrices Progressives en sont un exemple : on évalue non pas ce que la personne a appris mais sa capacité d’apprentissage. La manière de faire passer le test (temps limité + temps libre) donne aussi des informations sur la façon dont s’y prend la personne évaluée pour résoudre un problème. Et permet donc à celle-ci une meilleure connaissance et compréhension de soi, grâce à l’analyse et aux conseils du psychologue.

 

7) Sensibiliser le public sur l’usage de certifications bidons et la diffusion d’annuaires truqués.

Par exemple, il faudrait que le magazine psychologies (loin d’être une référence en matière de psychologie, hormis celle du consommateur) cesse de présenter son annuaire comme une référence sérieuse. En effet, il s’agit de partenariats commerciaux avec des associations qui n’ont aucune légitimité en matière de psychologie et ne sont pas reconnues par les pouvoirs publics.

L’annuaire « Pages jaunes » n’effectue aucune vérification de qualification voire de légalité, et se contente de faire signer une décharge de responsabilité juridique afin de ne pas avoir de problèmes. De plus lorsque vous faites une requête sur leur site web, les réponses ne sont pas présentées dans l’ordre alphabétique mais suivant le prix payé par le professionnel (qui peut ne pas en être un). Il faut compter 300 euros HT au minimum pour ajouter quelques mots clés, ou l'adresse d'un site internet ou un numéro ADELI (pourtant obligatoire pour les psychologues praticiens et les médecins).

Le site « Choisir-son-psy » ne fait, lui non plus, aucune vérification des qualifications de ses psy (certains sont vraiment psychologues praticiens attestés par leur numéro ADELI, mais la plupart ne donnent aucunes informations tangibles). Pire encore, dans la rubrique qualification figurent des éléments n’ayant rien à voir avoir une formation de qualité : être adhérent à telle association ne tient pas lieu de diplôme !

C’est de la désinformation à but très lucratif : plus les critères sont larges, plus le nombre d’inscrits est important !

 

8) Réduire la pollution mentale : transformer la publicité en communication sur les éléments concrets dans un cadre limité. En ces temps de début de prise de conscience de la part du monde politique, de l’importance du respect de l’environnement et des valeurs éthiques, un gros travail reste à faire. La considération de l’être humain dans sa pensée et son regard propres est encore à construire. Les espaces publicitaires s’élargissent de plus en plus, ne laissant aucun répit pour les yeux et les oreilles : la musique forte et la publicité dans les supermarchés, rame de métro recouverte d’une réclame même si vous avez payé votre billet, affiches de plus en plus fréquentes, petit message affectueux d’une marque dans votre mobile, fenêtres qui s’ouvrent toutes seules sur votre ordinateur, et ce ne sont que quelques exemples : on ne s’entend même plus penser ! Constamment sollicité le cerveau est soumis à des pressions continuelles, des manipulations de toute sorte. Résultat : fatigue cognitive, sentiment de frustration et de dépendance, diffusion de modèles dangereux (violence, sexisme, addiction…), l’espace intime et l’intégrité psychique ne sont pas respectés.

 

9) Donner la parole aux usagers de la psychologie

Ceux qui ont bénéficiés de séances avec un psychologue, comme ceux qui ont été clients d’autres praticiens du bien être psychologique.

Qu’attendent-ils d’un psy? Quelle est leur perception du domaine de la psychologie ? Comment choisissent-ils un psy ? Connaissent-ils leurs droits ? Veulent-ils témoigner de leurs expériences (mauvaises comme bonnes) ?

Le titre de psychothérapeute a fait l’objet d’une loi en 2004, non seulement celle-ci n’a pas été précédée d’une réflexion approfondie sur la définition d’une psychothérapie (contenu et compétences nécessaires) mais encore, en juin 2009, elle est toujours inopérante. En effet le décret d’application n’a toujours pas été ratifié et il a fait l’objet de nombreuses modifications suite à des pressions commerciales et sectaires. Il s’agira d’une inscription volontaire sur un registre national. Les psychanalystes et autres psychothérapeutes auto-proclamés, dont le titre n’est pas validé par une formation nationale, y seront traités avec le même égard que les psychologues. La création d’un nouveau titre ne protège absolument pas l’usager dans le cadre d’actes psychologiques (comme la psychothérapie), en effet il y aura toujours des personnes malhonnêtes dont une bonne partie a déjà changé de dénomination : thérapeute, psycoach, coach, psychogénéalogiste etc …

Depuis la loi protégeant le titre de psychologue en 1985 qui exige un haut niveau de formation en psychologie (d’une durée de 5 années après le baccalauréat), l’Etat a laissé les faux-psy (psychothérapeutes et autres psychanalystes) faire commerce d’un véritable exercice illégal de la psychologie, jusque la multiplication de formations et de certifications bidons (inventés par des organismes sans aucune légitimité en terme juridique et de compétences professionnelles…)

Nous rappelons donc que le seul spécialiste en psychologie c’est le psychologue !

Nous invitons les usagers de psychothérapies à s’exprimer, que votre praticien ait un titre reconnu ou pas, vous pouvez vous défendre, la loi vous protège : demandez-lui des comptes, écrivez au procureur de la république, diffusez votre témoignage… Prochainement un service juridique sera proposé par Psychologues de France afin d’aider les psychologues et leurs bénéficiaires à lutter contre les mésusages de la psychologie.

 

10) Faciliter l’accès aux psychologues par le remboursement des actes de psychologie et le développement de l’offre de psychologues dans les centres de santé et d'aide sociale. Utiliser les dispositifs du CESU et du mécénat dans ce sens.

Avec un cahier des charges comportant les garanties suivantes :

-Choix du psychologue praticien et changement libre par le bénéficiaire

-Vérification du titre de psychologue possible par l’usager (Numéro ADELI et/ou Liste Psychologues de France)

-Durée de la séance : au minimum 60 minutes

-Nombre de séances limité à 10 par année civile

-Actes soumis à l’évaluation de l’usager (Questionnaire qualité 6 mois après la fin de l’accompagnement).

-Prise en compte du travail personnel du psychologue dans sa rémunération (analyse du parcours du bénéficiaire, dépouillement et interprétation des tests, formations complémentaires…)

 

En effet, les personnes touchées par des problèmes

de deuil (décès, séparation, perte d’emploi…), de stress, d’échec scolaire, d’un proche handicapé ou touché par une maladie grave, ou d’un traitement médical important, dans le cas d’une situation difficile à vivre, d’un choc émotionnel…

sont souvent contraintes à consulter un psychiatre comme si elles étaient atteintes d’une pathologie mentale. Il est urgent de dépathologiser la vie psychique : ne mélangeons pas tout !

Il est courant de sortir d’un CMP (Centre Médico-Psychologique) débordé (listes d’attente fréquentes) avec une prescription de psychotropes reçue au cours d’une consultation de 15 minutes avec un psychiatre. On s’est aussi trop habitué au fait que les médecins généralistes (dont la durée moyenne des consultations est de 10mn) prescrivent la majorité des antidépresseurs consommés (la France étant parmi les premiers consommateurs de ces substances en Europe).

 

11) Créer une société de portage salariale réservée aux psychologues afin que les usagers bénéficient de l’exonération de TVA dans ce cadre. Le psychologue en statut indépendant a le choix entre la création d’entreprise (avec la complexité et le risque que cela comporte) et le portage salarial mais ce dernier rend ses prestations 20% plus chères.

 

 

 

 

 

Page mise à jour en juin 2009